L’Assemblée générale de l’Association valaisanne des distributeurs d’électricité s’est tenue le 18 mai par voie de circulation. Elle a renouvelé ses organes en élisant un nouveau président en la personne de Philippe Délèze.
C’est l’occasion d’aborder la question de l’avenir des réseaux électriques. Les réseaux et les gestionnaires de réseaux sont au coeur de la transition énergétique dont la mobilité électrique, la production propre, renouvelable et décentralisée en font partie. Cela signifie de repenser les réseaux, plus intelligents, plus flexibles, de construire une relation durable et solide avec les producteurs et surtout les consommateurs.

En moyenne, les Suisses n’ont dû se passer d’électricité que 19 minutes pour l’année 2019, dont 11 minutes en raison de travaux planifiés et 8 minutes à cause de coupures non prévues ; ce qui en fait un des réseaux les plus sûrs d’Europe. Pour la Suisse, le réseau de distribution, qui amène l’électricité là où elle est consommée, dans les entreprises et les ménages, est long d’env. 250’000 km, soit 6 fois la circonférence de la terre et est enterré à 85%. Il est comparable aux routes cantonales et communales, alors que le réseau de transport, l’équivalent de nos autoroutes, permet de transporter l’électricité à des hauts niveaux de tensions.

Entre producteurs et consommateurs finaux, le gestionnaire du réseau de distribution (GRD) assure le développement et la gestion d’un réseau de distribution sûr et performant pour acheminer l’électricité à tous les clients du canton. Il assure également l’approvisionnement en énergie.

Un cadre juridique en pleine évolution

La distribution d’électricité, comme tout le secteur énergétique évolue dans un cadre réglementaire très strict, citons par exemple, la LApEL (Loi sur l’approvisionnement en électricité), la LIE (loi sur les installations électriques), LEne (loi sur l’énergie), etc. leurs multiples ordonnances, …

Avec la Stratégie Energétique 2050, approuvée en 2017, la Suisse s’est engagée à améliorer l’efficacité énergétique, à développer les énergies renouvelables et à sortir du nucléaire. Ceci implique que notre modèle énergétique va se transformer en profondeur et que les distributeurs d’électricité sont appelés à jouer un rôle central dans cette transition.

Ces changements, invisibles en général, ont déjà débuté en ce qui concerne la réglementation et son application sur le terrain, avec par exemple, l’obligation de remplacement des compteurs traditionnels par des compteurs « intelligents ». De même la question de la libéralisation du point de mesure, élément essentiel du réseau de distribution électrique, tant pour la sécurité d’approvisionnement que la qualité de la facturation, fait l’objet de débats.

A l’avenir, le Conseil fédéral veut un approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables et va lancer de grandes révisions. L’approvisionnement de base standard devrait se composer d’électricité suisse provenant à 100 % de sources renouvelables. Il entend ainsi améliorer les conditions-cadres pour le secteur de l’électricité, renforcer la sécurité de planification et créer de meilleures incitations à l’investissement. De plus, il maintient sa volonté d’ouvrir complètement le marché de l’électricité dans le cadre de la révision de la LApEl. Les ménages et les petites entreprises doivent pouvoir accéder au marché libre et, le cas échéant, revenir à l’approvisionnement de base.

Pour l’AVDEL et ses membres, cette transformation du système énergétique doit reposer sur deux piliers, la sécurité d’approvisionnement et la durabilité.

L’ouverture totale du marché et l’approvisionnement uniquement en énergies renouvelables ne doivent pas mettre en danger le niveau élevé de sécurité d’approvisionnement sur le plan de la stabilité du système. La disponibilité, en toutes saisons, tant des capacités que de l’énergie doit être garantie. Il est donc nécessaire de créer de véritables incitations et conditions-cadres favorables à (ré)investir dans les installations de distribution, de production et de stockage en Suisse.

La nouvelle conception du marché doit contribuer à atteindre les objectifs de la Stratégie énergétique 2050 et de la politique climatique en matière de durabilité. La transition vers davantage d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique ne doit pas être entravée, mais soutenue.

Production propre, décentralisée, électromobilité, etc. Quels impacts pour les distributeurs valaisans ?

La volonté de décarboniser signifie surtout une nouvelle électrification de notre société. Elle est particulièrement importante dans les domaines des bâtiments et des transports. Désormais la mobilité devient électrique et le consommateur devient producteur et même distributeur local.

Si la production décentralisée (où chacun peut devenir un producteur d’énergie) était déjà largement soutenue au moyen de subventions fédérales, la Loi sur l’énergie (LEne) encourage depuis 2017, la consommation propre et permet même à tout producteur de partager son électricité avec ses voisins, créant ainsi des regroupements d’auto-consommateurs.

De même l’électromobilité subit un coup d’accélérateur tant par le développement de l’offre par les constructeurs que le développement du réseau de bornes par les pouvoirs publics (GRD, canton du Valais, Confédération) et privés.

Dans tous les cas, les GRD ont une place centrale dans cette transition énergétique. Les membres de l’AVDEL ont à leurs niveaux, développé une relation privilégiée avec leurs clients et sont en première ligne dans le conseil tant aux particuliers que dans l’accompagnement des pouvoirs publics.

Ces prochaines années verront les distributeurs investir fortement. D’abord dans les infrastructures qui devront à la fois accueillir les nouvelles capacités, mais aussi répondre à des sollicitations plus fortes, sans péjorer la qualité du réseau. Ensuite dans des systèmes performants permettant de mesurer la qualité et les échanges d’énergie afin d’assurer la stabilité des réseaux. Enfin dans des systèmes de mesure intelligents pour limiter les investissements dans le réseau. Seuls des réseaux flexibles permettront de mieux piloter les charges et d’optimiser le système à moindre coûts.

Or, ces investissements ne pourront se faire sans impact sur les tarifs de l’électricité. Actuellement, les coûts pour la construction, l’exploitation et l’entretien des réseaux électriques se retrouvent dans les tarifs pour l’utilisation du réseau. En règle générale, on applique un tarif de base qui couvre les coûts fixes tels que la mesure et le décompte. En vertu des prescriptions légales, une grande part doit être facturée sur la base de l’énergie soutirée. Mais ces concepts de tarification ne respectent pas le principe de causalité, c’est-à-dire que les coûts engendrés par exemple, par une production décentralisée, ne sont pas assumés par les producteurs eux-mêmes, mais par l’ensemble des consommateurs.

Ainsi à l’avenir, la question de la tarification du réseau devra être abordée et les gestionnaires de réseau sont prêts à élaborer d’autres modèles de tarification, par exemple un système qui tient compte de la causalité des coûts ; une tarification dynamique en fonction de la sollicitation du réseau, les clients qui ne surchargent pas le réseau dans les moments critiques se verraient récompenser par une facture plus basse.

Quel avenir pour les distributeurs valaisans ?

La transition énergétique et le domaine de l’électricité en particulier nécessitent des besoins en investissements importants. Le réseau actuel a été conçu au 20ème siècle pour fonctionner sur un mode unidirectionnel : l’énergie provient de grandes centrales et est transportée puis distribuée aux clients finaux. Or, avec le développement de la production décentralisée, de l’autoconsommation, de la mobilité électrique, de la domotique, … le réseau va devoir évoluer pour absorber et gérer ces nombreux points de production décentralisée, mais aussi l’augmentation de la demande. Le trafic de l’énergie se fera dans les deux sens : l’électricité pourra aussi remonter du consommateur-producteur vers des niveaux de tension plus élevés, comme des lieux de stockage.

Même si les GRD font déjà preuve d’innovation en améliorant le fonctionnement des réseaux par des outils de pilotage intelligent qui favorisent l’émergence de la bidirectionnalité des flux de courant et cherchent à automatiser les pratiques pour faciliter les besoins et les attentes des clients, les réseaux de demain seront encore plus intelligents afin de répondre aux demandes conséquentes et imprévisibles.

Ainsi la digitalisation viendra soutenir cette transformation. Un pilotage plus fin des réseaux devra s’appuyer sur une meilleure gestion des données tout assurant la protection de celles-ci et la sécurité de nos systèmes.

La libéralisation complète du marché de l’électricité nécessitera de digitaliser et automatiser les processus ainsi que d’adapter les systèmes informatiques en conséquence. Elle devra s’opérer en assurant sur le long terme la fiabilité des réseaux, l’investissement soutenu dans des productions sans émission de CO2 et le développement de solutions innovantes multi fluides.

Les membres de l’AVDEL sont totalement en phase avec la volonté de rendre notre environnement plus durable. D’ailleurs et déjà depuis des années, les membres, sont actifs dans la promotion du renouvelable, qu’elle soit hydraulique, éolienne, solaire ou le développement de chauffages à distance.

Le réseau électrique sûr, efficace, intelligent est le pilier de la transition énergétique. Les GRD sont dans une situation privilégiée dans la mesure où ils connaissent et peuvent répondre aux attentes des consommateurs. Mais ils ne pourront à eux seuls réaliser cette transition, ils doivent agir ensemble, avec les clients-consommateurs et les producteurs.

CP20210518_AVDEL_AG 2021

 

Rapport Présidentiel

En juin 2021, le Conseil fédéral a annoncé vouloir modifier la loi fédérale sur l’énergie et celles sur l’approvisionnement en électricité, dans le but de sortir du nucléaire et des énergies fossiles d’ici 2050. Par ce projet, il ambitionne notamment l’électrification rapide des transports et du chauffage, l’évolution vers un système d’électricité décentralisé, le renforcement de l’innovation et la digitalisation croissante du secteur de l’électricité. Certains objectifs concernent aussi la sécurité d’approvisionnement de la Suisse en toute saison. Les autorités fédérales prévoient ainsi de développer les capacités de production indigène visant à assurer la disponibilité de l’énergie en hiver, créer une réserve stratégique et réduire la consommation par personne.

Autre thème important : l’ouverture totale du marché de l’électricité. Pour le Conseil fédéral, le processus doit passer par le développement de nouveaux modèles d’électricité de proximité, afin de permettre des financements locaux et la commercialisation de productions décentralisées.

Mentionnons encore la volonté des autorités de flexibiliser les règles sur les regroupements dans le cadre de la consommation propre (RCP). Le RCP deviendrait un fournisseur d’électricité parmi d’autres. La réglementation des rapports internes au RCP serait fortement simplifiée en laissant essentiellement les conditions du marché fonctionner.

Bien que déterminants pour la transition énergétique, ces objectifs engendrent de nombreux défis pour les distributeurs d’électricité, auxquels s’ajoutent la sécurité d’approvisionnement, la mise en œuvre du Smartgrid ou la cybersécurité. Les GRD doivent dès lors s’adapter, innover, diversifier leurs compétences et investir massivement dans leurs infrastructures.

Pour les soutenir, l’AVDEL joue un rôle clé en défendant leurs intérêts auprès des autorités et autres acteurs de l’énergie. Dans ce contexte, elle répond à des consultations, échange régulièrement avec le Département de l’énergie et participe à des rencontres thématiques cantonales ou nationales. Cet engagement poursuit deux objectifs principaux : défendre une évolution du marché qui n’entrave pas le niveau élevé de sécurité d’approvisionnement et permettre aux GRD de bénéficier de conditions cadres favorables aux investissements dans des installations de distribution, de production et de stockage d’énergie.

Découvrez l’intégralité du Rapport présidentiel : 2022 – Rapport présidentiel

Réunis en assemblée générale ce matin, les membres de l’Association valaisanne des distributeurs d’électricité (AVDEL) ont fait le point sur les dossiers chauds du moment: le prix de l’électricité en hausse, la transition énergétique et le projet de nouvelle loi cantonale sur l’énergie.

Relativement stable jusqu’au printemps 2021, le prix de l’électricité a pris l’ascenseur depuis l’automne dernier. Plusieurs raisons expliquent cette hausse: une situation géopolitique instable avec la guerre en Ukraine et ses incidences sur le marché du gaz, des problèmes de disponibilité du parc nucléaire français, dont plusieurs centrales sont à l’arrêt, la reprise économique post-covid, ainsi que l’augmentation du prix du CO2.

Une hausse encore difficile à chiffrer

Si la flambée des prix qui touche le marché européen depuis près d’une année n’a pas eu d’impact sur les tarifs 2022 – dont la stabilité est garantie –, la réalité sera tout autre l’an prochain. Cette situation tendue préoccupe naturellement les distributeurs valaisans. Regroupés au sein de l’AVDEL, ces derniers ont échangé à plusieurs reprises, au cours des derniers mois, sur la complexité d’un marché volatile, soumis à la dure loi de l’offre et de la demande. Le constat est unanime : les prix 2023 seront inéluctablement revus à la hausse.

Il est cependant encore trop tôt pour chiffrer l’augmentation attendue; les distributeurs ont jusqu’au 31 août 2022 pour communiquer leurs prix 2023 à l’ElCom. Toutefois, à l’heure actuelle, les distributeurs estiment que la facture d’électricité des ménages grimpera de 40% à 70%, avec des différences régionales plus ou moins importantes selon les stratégies d’approvisionnement et les productions propres à chaque fournisseur. Pour les clients éligibles – ceux qui consomment plus de 100’000 kWh par an – dont le contrat arrive à échéance cette année, la hausse devrait être davantage marquée l’an prochain, en raison d’une dépendance plus forte aux prix du marché.

Développer les productions locales renouvelables

Pour l’AVDEL, un développement des productions locales renouvelables permettrait de réduire la dépendance envers le marché européen, et par là, la vulnérabilité face à la volatilité des prix de l’énergie, tout en renforçant la sécurité d’approvisionnement. La plupart des distributeurs l’ont bien compris, et investissent – pour certains depuis plusieurs années déjà – dans des installations de production renouvelable solaires ou hydrauliques principalement.

Cette augmentation des productions renouvelables devra s’accompagner d’un renforcement des réseaux de distribution. Ces derniers devront être plus intelligents et plus robustes afin d’intégrer les productions décentralisées dans des flux bidirectionnels. Les distributeurs y travaillent, notamment par l’implémentation du Smart metering, c’est-à-dire l’installation de compteurs d’électricité « intelligents » permettant de mesurer la consommation et la production d’énergie.

Soutien au projet de nouvelle loi cantonale

Sur le plan valaisan, l’AVDEL a activement participé à la mise en consultation du projet de nouvelle loi cantonale sur l’énergie. Elle a notamment pu exposer ses arguments face à la commission Energie du Grand Conseil. Si l’AVDEL soutient le texte, qui fixe un cap clair pour le canton, elle regrette néanmoins une seconde mouture moins ambitieuse que la première, et relève les difficultés d’application de certains articles.

Elle milite par ailleurs pour la facilitation des procédures d’autorisation de construire, qui devrait permettre à davantage de projets renouvelables de voir le jour, et cela plus rapidement, sans quoi les objectifs fixés par la Confédération et le Canton seront difficilement atteignables et la dépendance envers l’étranger maintenue.

Enfin, une politique d’incitation telle que souhaitée par le gouvernement ne peut réussir qu’avec l’adhésion de la population. C’est pourquoi, l’AVDEL souhaite que l’accompagnement des ménages et des entreprises dans la transition énergétique soit renforcé. Un accompagnement qui va de pair avec une formation professionnelle adaptée aux enjeux actuels et futurs.

Télécharger le communiqué :  20220520_AVDEL_AG_2022_communiqué

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Lors du 11ème Forum de l’énergie qui aura lieu le

Mardi 31 mai 2022 à 17H00
à l’Aula de la HES-SO de Sierre, infos ici

un atelier spécialement dédié aux gestionnaires de réseau (GRD) se tiendra durant l’après-midi. Dès 15h30, venez échanger sur les problématiques de flexibilité du réseau et les défis qui attendent les professionnels du domaine face à l’électrification de la transition énergétique.

Inscription : via ce lien

Programme :

15H30   Ateliers spécialement dédiés aux GRD

1.Application du plan OSTRAL, comment gérer la potentielle pénurie d’électricité l’hiver prochain
2.Electrification de la transition énergétique, comment accueillir les nouvelles grandes installations sur le réseau

Animateurs

•Prof. Dr Stéphane Genoud, Enseignant/chercheur à la HES-SO Valais Wallis, spécialiste de la transition énergétique
•Philippe Délèze, Président de l’AVDEL, Directeur SEIC Teledis

17H00 DEBUT DE LA CONFERENCE – ACCUEIL

par Stéphane Genoud, Prof. Dr Enseignant/chercheur à la HES-SO Valais Wallis, Spécialiste de la transition énergétique

INTRODUCTION SUR L’IMPACT DU CHANGEMENT CLIMATIQUE

par Martine Rebetez, climatologue, Professeure à l’Université de Neuchâtel et collaboratrice scientifique à l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL)

L’ELECTRIFICATION DE LA TRANSITION ENERGETIQUE : LA VISION DE L’AVDEL

par Hans-Peter Burgener, Vice-Président de l’AVDEL, CEO EnBAG

COMMENT LE STOCKAGE DE L’ENERGIE PEUT CONTRIBUER A EVITER LE BLACKOUT ?

par David Wannier, Professeur HES

TABLE RONDE animée par Frédéric Filippin (Canal 9) et Prof. Dr Stéphane Genoud

Interview de Roberto Schmidt, Chef du Département des finances et de l’énergie et discussion avec les experts du domaine

Allumer une lampe, démarrer son lave-vaisselle, recharger son portable : autant de gestes quotidiens si anodins. Pourtant, derrière ces actions banales, une formidable chaîne industrielle entre en action.

Découvrez ce qu’il y a derrière la prise en cliquant sur le lien ci-dessous :

derriere la prise

 

L’AG 2022 aura lieu le vendredi 20 mai 2022, au Centre de congrès La Poste de Viège.

 

Programme

08h45         Accueil, café et croissants

09h15         Assemblée générale

  1. Procès-verbal de l’Assemblée générale du 18 mai 2021
  2. Rapport présidentiel
  3. Comptes 2021 et rapport des vérificateurs
  4. Approbation des comptes et Décharge au Comité
  5. Budget 2022
  6. Admissions / Démissions
  7. Brevets d’électriciens de réseau
  8. Divers

10h15         Partie technique

Le développement de Lonza AG

Les conséquences sur la distribution d’électricité

11h00         Apéritif

12h00         Repas en commun

 

«Les partenariats sont indispensables»

 

L’Association valaisanne des distributeurs d’électricité (AVDEL) a récemment élu son nouveau président en la personne de Philippe Délèze. Cet ingénieur de formation, directeur du Groupe SEIC-Télédis, nous explique les défis liés à son secteur, les objectifs de la faîtière, ainsi que les sujets qui lui tiennent à cœur.

 

Alors que la gestion des réseaux électriques connaît de profondes mutations, l’AVDEL favorise les échanges entre les gestionnaires de réseau de distribution (GRD), qu’elle défend et représente auprès du Département cantonal des finances et de l’énergie et des collectivités publiques. Le 18 mai dernier, les membres de l’association ont élu Philippe Délèze, actuel directeur du Groupe SEIC-Télédis, en tant que nouveau président. Rencontre avec ce professionnel issu du sérail.

 

Quel est votre parcours professionnel?

J’ai débuté par un apprentissage de mécanicien-électricien, avant de réaliser une formation d’ingénieur en électricité. En 1992, j’ai rejoint la société SEIC, qui deviendra le Groupe SEIC-Télédis, en tant qu’ingénieur de réseau. J’ai ensuite été en charge de la planification du réseau électrique et fibre optique. Puis, j’ai repris la direction du Groupe en 2007, après avoir effectué une formation d’ingénieur en gestion d’entreprise. Je suis heureux d’avoir travaillé longtemps dans la gestion et la planification de réseaux, avant d’occuper ma fonction actuelle, car cela m’a permis de bien comprendre les problématiques de terrain.

 

La gestion des réseaux électriques a-t-elle beaucoup évolué depuis vos débuts?

Oui, énormément! Initialement, les réseaux avaient été construits pour acheminer de façon unidirectionnelle l’électricité à partir de grandes centrales vers les clients finaux. Désormais, ce n’est plus du tout le cas en raison de l’essor de la production décentralisée, de l’autoconsommation et du stockage de l’énergie. Par ailleurs, alors que beaucoup de gens nous perçoivent encore comme des « tireurs de câbles », notre travail est devenu plus technique et a beaucoup évolué ces dernières années, principalement en raison du développement du numérique.

«Notre travail est devenu plus technique et a beaucoup évolué ces dernières années.»

 

Quel est le rôle des GRD dans la transition énergétique?

Afin de répondre à l’essor de la production décentralisée, les GRD doivent déployer un Smartgrid, c’est-à-dire un réseau intelligent, qui permettra d’optimiser la distribution et la consommation d’énergie. Dans ce but, ils investissent considérablement dans la modernisation et la digitalisation de leurs réseaux.

En outre, afin de répondre aux besoins de leurs clients et de proposer une gamme complète de services, de nombreux GRD délivrent aujourd’hui aussi des prestations favorisant l’efficacité énergétique et l’utilisation des énergies renouvelables. Cette diversification leur permet d’anticiper l’ouverture prochaine du marché de l’électricité et de s’affirmer comme des acteurs clés de la transition énergétique.

 

Quels sont les principaux objectifs de l’AVDEL?

Tout d’abord, nous souhaitons que l’évolution du marché n’entrave pas le niveau élevé de sécurité d’approvisionnement tout au long de l’année. Pour y parvenir, nous répondons à des consultations et sommes en contact avec les autorités, afin de bénéficier des conditions-cadres favorables aux investissements dans des installations de distribution, de production et de stockage d’énergie.

Ensuite, l’AVDEL désire que ses membres occupent une place prépondérante dans la mise en œuvre de la Stratégie énergétique 2050 et permettent aux consommateurs d’accéder à des solutions énergétiques 100% valaisannes. Comme certains GRD proposent désormais également des prestations énergétiques, alors que d’autres distributeurs sont restés concentrés sur l’activité historique, les partenariats sont indispensables si nous voulons satisfaire tous les clients. Dans ce contexte, l’association joue un rôle essentiel pour favoriser les échanges et les collaborations.

 

Quels sont les rapports entre l’AVDEL et l’Etat du Valais?

Ils sont très bons! Nous rencontrons régulièrement le Département des finances et de l’énergie (DFE), que nous conseillons et accompagnons de façon concrète dans la mise en œuvre des stratégies énergétiques fédérale et cantonale. Ainsi, par l’intermédiaire de l’AVDEL, les GRD sont des interlocuteurs privilégiés car ils connaissent les problématiques de terrain et ont souvent déjà déployé à un niveau local des projets envisagés plus tard à l’échelle cantonale. Ils ont en quelque sorte un rôle de courroie de transmission entre les objectifs de la stratégie cantonale, les collectivités publiques et les clients.

«Les GRD sont des interlocuteurs privilégiés car ils connaissent les problématiques de terrain.»

 

Quels sont les thèmes qui vous tiennent à cœur pour votre présidence ?

Je souhaite que l’image des GRD évolue, car nous sommes encore trop souvent perçus comme des sociétés désuètes et individualistes. Les GRD valaisans sont au contraire des acteurs dynamiques de la transition énergétique, soucieux de répondre aux attentes de leurs clients. Ils ont déjà prouvé maintes fois leur capacité à collaborer et à trouver des solutions innovantes, aussi bien dans le domaine de l’énergie que du multimédia. L’AVDEL peut contribuer à changer cette perception négative, par exemple en intensifiant sa communication sur les activités du secteur.

Dans un autre registre, l’association s’est par ailleurs beaucoup investie dans la promotion du métier d’électricien de réseau, en raison du manque d’apprentis. Il me semble essentiel qu’elle étende son action à la formation continue. Comme je l’ai précisé, nos métiers ont beaucoup changé ces dernières années. Il est donc très important d’encourager la formation, afin de permettre aux professionnels du secteur de s’adapter.

 

Photo © Thomas Masotti

 

A l’occasion de son Assemblée générale, l’AVDEL renouvelle son comité et sa présidence.

M. Philippe Délèze, Directeur général SEIC SA, reprend la Présidence de M. Samuel Claret, Chef du Service Electricité, Energies & Développement Durable (SED2) de la Ville de Monthey. Il est épaulé par M. Hans-Peter Burgener, Vice-Président et CEO EnBAG AG, François Fellay, Membre du comité et Directeur général d’OIKEN ainsi que deux nouveaux entrants au comité : M. Joël Di Natale, Directeur Altis Groupe SA et M. Alain Bregy, Directeur d’EVWR AG.

Nous étions présents à la 7ème édition du salon Your Challenge à Martigny en partenariat avec la CIFER. Nous tenons à remercier les membres qui ont participé : Sinergy Infrastructure SA, Oiken, SEIC-Teledis, EVWR AG, EnBAG AG, ALTIS Group SA, SED2 Ville de Monthey et Romande Energie !

Nous nous réjouissons d’ores et déjà de vous retrouver en 2022.

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